Une chapelle qui rayonne au delà du territoire de la Paroisse St-Jacques de Montréal

Le territoire de la paroisse va de la rue Viger (au sud) à la rue Sherbrooke (au nord) et des rues St-Christophe et St-André (à l’est) aux rues St-Dominique et De Bullion (à l’ouest). Les Habitations Jeanne-Mance en font partie. Les principaux problèmes sont ceux de la pauvreté et de la solitude, mais aussi de l’environnement. La pratique religieuse des résidents catholiques est faible. Le lieu de culte de la paroisse est la Chapelle Notre-Dame-de-Lourdes.

L’inspiration d’un québécois

Au centre-ville de Montréal, au milieu du commerce et de l’effervescence des idées, de l’itinérance et de la drogue, s’élève une chapelle issue du cœur d’un artiste-apôtre : Napoléon Bourassa (1827-1916). Celui-ci a fait de la Chapelle Notre-Dame de Lourdes un beau et grand album mariologique où toute la décoration intérieure conduit au centre de la coupole, qui illustre la proclamation du dogme de l’Immaculée-Conception. Œuvre maîtresse d’un artiste et architecte, «ce joyau d’architecture et d’art ornemental de style romano-byzantin dépasse tout ce qui a été fait en art religieux à l’époque (1880) au Canada» (Romain Gour).
Ouverte au culte le 30 avril 1881 par Les Prêtres de Saint-Sulpice de Montréal, cette enclave mariale devient une véritable oasis de prière et de paix, permettant à la Vierge d’accueillir en plein centre-ville les pèlerins de tous les coins du Québec et de l’extérieur.

Napoléon Bourassa

Bourassa a qualifiée la chapelle d’œuvre de ses amours, non seulement parce qu’il consacra huit années complètes à l’édifier en tant qu’architecte, peintre et sculpteur, mais aussi et peut-être surtout parce que cette réalisation fut « intimement liée à sa manière d’être, de penser et de sentir », comme il le confia lui-même un jour.

Si cette Chapelle eut une place spéciale dans le cœur de Bourassa, l’on peut dire que, depuis 1881, pour des millions d’hommes et de femmes, elle fut et elle est encore un lieu privilégié de rendez-vous avec le Seigneur et sa Mère Marie.

L’architecture intérieure de la Chapelle

D’un seul coup d’œil, l’on embrasse facilement la conception architecturale de l’intérieur. La nef unique est formée d’une voûte en berceau, soutenue par des pilastres à colonnes engagées en marbre gris et renforcées par des arcs-doubleaux.Les belles fenêtres trilobées de la voûte laissent entrer une abondante lumière, permettant de découvrir la finesse et la complexité de la riche décoration, qui donne l’unité mariologique à tout l’édifice.
Toutes les couleurs qui harmonisent l’ensemble de l’œuvre se rejoignent dans l’hémisphère de la coupole supportée par quatre pendentifs. Chaque pendentif propose un ange peint. Ces anges semblent contempler leur Reine, qui se trouve au sommet du dôme, sur fond d’étoiles et de chérubins.

La statue de la Vierge

La grande statue de la Vierge, au-dessus du maître-autel, est l’œuvre de Philippe Hébert (1850 – 1917), élève de Bourassa. Elle a valu à son auteur une rapide célébrité. Voulant se démarquer de la vision qui présente la Vierge jeune et belle, âgée de 16 à 18 ans, Hébert prend pour modèle une dame remarquable, paroissienne de Saint-Jacques, vers 1880. Il nous montre la Vierge comme une femme ayant la majesté de l’âge mûr. Les yeux ouverts sur l’infini, elle exprime le ravissement de l’extase : c’est Marie en contemplation devant l’auguste Trinité, dans la sérénité du bonheur éternel. Cette grande statue a été bénie par Mgr Fabre en 1881.

La Vierge dorée à l’extérieur

La Vierge dorée qui domine la façade extérieure de la Chapelle est la création du statuaire parisien Joseph Lefèvre . Coulée dans le bronze et recouverte d’une mince feuille d’or, cette statue qui représente la Vierge, jeune et majestueuse, debout sur la sphère du monde, écrasant de son pied gauche le serpent, mesure 9 pieds de hauteur. Elle fut érigée en 1904, lors du cinquantenaire de la définition du dogme de l’Immaculée-Conception. Elle a été restaurée et réinstallée le 11 septembre 2004.

De jour et de nuit,
cette Vierge brille aux yeux des passants
sans cesse attentive et présente
à tous ses enfants
au coeur de cette Ville-Marie
qu’on appelle aujourd’hui
Montréal

Un passé toujours récent

Malgré la démolition de la majeure partie des édifices constituant autrefois le quartier latin, la Chapelle Notre-Dame-de-Lourdes de Montréal demeure intacte et intouchée.
De l’autre côté de la rue, face à la chapelle, par-delà les étages de pierre où s’abritent ses huit cloches, la belle flèche du clocher de l’ancienne église Saint-Jacques s’élève, droite et fière, à 90 mètres dans le ciel… Plus que des vestiges du passé, ce clocher et la façade latérale qui le sous-tend sur la rue Ste-Catherine, rappellent que  l’église de Saint-Jacques, jadis située à cet endroit, fut cathédrale de Montréal de 1825 à 1852, et église paroissiale jusqu’à la création de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Ces joyaux d’architecture surplombent tout le complexe de la cité universitaire et lui donnent un caractère particulier,  alors que, depuis 1973, il n’en finit pas de se déployer tout autour.

Aujourd’hui la communauté chrétienne de Saint-Jacques a son lieu de culte dans la Chapelle.

Traductions